20 août 2014
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21 juillet 2014

 

 

 

   

 

 

 

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Mülhüser Waggis

 

 


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Discours de Monsieur Edouard BACH à l’occasion de la réception
Les Waggis en Folie 2010, le 04 janvier à Mulhouse
 
 

Chers collègues des Mülhüser Waggis,

 
Les Waggis en Folie !
 
Voici que démarre la saison du Carnaval mulhousien et c’est vous qui ouvrez le ban.
Mulhousien dans mon enfance, je suis heureux d’être parmi vous ce soir pour retrouver mon origine de Mülhüser Wagges. En Effet, j’ai grandi jusqu’à l’âge de 5 ans dans la rue du Rhin aujourd’hui Allée Nathan Katz avant de devenir un Kembsois.
Mais je suis resté comme le disait si tendrement mon ami Pierre, un Wagges.
Ce mot Wagges qui signifie garnement en français, je le porte avec fierté et j’ignore totalement le péjoratif que lui donne nos amis Bâlois.
 
Car l’origine de notre Wagges Garnement existe aussi en six langues différentes et se dit le Garnit ou Garnimen en vieux français, le Guarni ou Guarniment en Catalan, Guarnimiento en espagnol, Guarnimento en italien mais il reste le Garnement aussi leste que joli comme disait Beaumarchais.
Jean-Jacques Rousseau avait écrit : Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d’abord des polissons. Le polisson étant un garnement.
J’ai comme vous un jour voulu en savoir plus sur le garnement et j’ai donc suivi sans grande peine la transformation du sens qu’on donne généralement à ce mot Garnement.
 
Je suis d’abord tombé sur de très vieux textes ou le Garnit était celui qui était orné.
Aujourd’hui pour Garnit on dit Garde, pour orné on dit habillé pour défendre.
Donc, le garnement était quelqu’un qui défendait avec des armes.
Ne pouvait alors être Garnement qui voulait.
De là à appliquer à une personne les termes de Bon Garnement, ou Mauvais Garnement, voulait tout simplement dire, Bon ou Mauvais sujet.
Voilà déjà, pourquoi, nous pouvons être fière d’être des Garnements, ou autrement dit des Wagges, des gardes de notre Carnaval.
Je me rappel ici le texte d’une vielle chanson mulhousienne :
A Chic en der Schnurra, un a Lumpamensch am Arm, S’Foulard en Kneg und d’umgachtelpa Hosa. Ja das esch dia Gàrda, die s'Melhüser Trottoir schmukt, Ja das esch dia Gàrda, wu S’Melhüser Trottoir schmukt!
 
Le Waggis Bâlois avec son gros nez et ses grosses dents n’est apparu que tardivement pendant et après la guerre de 1870. Il est issu d’une controverse à la mentalité citadine Bâloise, amenée par les bons vivants Sundgauviens qui venaient en ville à Bâle et se démenaient pour survivre par le troc ou la vente du peu qu’ils avaient durant les périodes de disette et de contraintes.
Ce Waggis symbolise le personnage courageux qui ose vouloir comprendre, penser, partager un regard pluriel et intergénérationnel sur le monde qui l’entour.
Cela peut bien sûr déranger des acquis et susciter de la jalousie. La caricature du Waggis ébouriffé, en chemise paysanne et sabots ainsi que celle de la Alti Tanta du même âge est alors des plus facile pour s’en moquer et pour illustrer le carnaval.
 
Que ce soit l’une ou l’autre forme du Wagges, peu importe ses couleurs, il est notre fierté et j’espère de tout cœur, qu’il restera la plus belle caricature de notre région des trois frontières et un grand symbole pour le Carnaval de Mulhouse, de Bâle et environs.
 
Edouard BACH
Président de la F.C.F. Alsace